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Quelque coups de feu : quatre morts et trois blessés … mais on arrêté l’un des complices de Zeïd Ou Ahmed

La longue suite des méfaits accomplis dans la région de Todhra par Zeïd ou Ahmed et sa bande ne peut s’expliquer que par le silence que les populations terrorisées observaient sur leurs allées et venues et sur les complicités dont ils bénéficiaient dans de nombreux ksars. L’auréole d’invincibilité dont ils se paraient ne faisait qu’accroitre leur prestige et nul n’aurait osé dénoncer l’homme et ses complices que les forces régulières ne parvenaient pas à capturer ou à abattre.    Et une telle dénonciation aurait été l’équivalent d’un arrêt de mort.

Pourtant, il devenait urgent de mettre fin à ces actes de banditisme qui semaient le trouble dans la région et créaient une atmosphère d’insécurité nuisible à notre prestige. Mais toutes les recherches entreprises pour découvrir les compromissions et les complicités dont bénéficiaient Zeïd et ses hommes étaient restées vaines. Au cours des enquêtes qui furent menées, on interrogea nombre de personnes et il y eut même des incarcérations de gens particulièrement suspects, sans que l’on parvienne à obtenir quelque renseignement important permettant de mettre l’autorité sur la trace des bandits.

Un coup de main audacieux

Mais ces derniers, dont on n’avait pas entendu parler depuis longtemps, du moins dans la région, décidèrent certain  jour d’effectuer un coup de main particulièrement audacieux. Un soir de fin décembre sur le coup de 20 heures, Zeïd et deux de ses complices quittèrent leur repaire de Tadafalt et, après s’être approchés de Tinrhir en suivant les sentiers cachés sous la palmeraie parviennent sous les murs de Tinrhir. Tous les trois étaient armés de fusils modernes capturés au cours de coups de main précédents. Leur but ? Attaquer la cantine qui se trouve sur la place en plein centre. C’est une petite maison de pisé bordée d’une arcade sur sa face nord et qui n’était séparée que d’une centaine de mètres de la palmeraie. Il serait donc facile d’approcher, à la faveur de la nuit, de tuer ceux qui  se trouvaient là et de s’emparer de l’argent de la caisse. Puis, avant que l’alarme soit donnée, il s’agissait de regagner rapidement la palmeraie et grâce à l’ombre propice, il serait possible de s’enfuir.

Soudain, leurs dernières dispositions étant prises et leur coup est bien combiné, nos trois hommes prennent leur courage à deux mains et comme le feraient de nos jours de (…) gangsters, ils se dirigent d’un pas ferme vers la cantine tenue par un juif. Quatre légionnaires sont installés à une table et consomment paisiblement. Il y a aussi deux mokhaznis et un civil israélite dans la salle.

Zeïd et ses complices échappent de justesse.

Zeïd et ses complices se mettent (…) dans l’encadrement de la porte et, à bout portant, ouvrent le feu sur le groupe tuant trois légionnaires et blessant trois mokhaznis et le client israélite. Le patron de l’établissement, dès qu’il aperçoit les canons des fusils se dresser se couche sous le comptoir et il ne doit qu’à ce réflexe d’avoir la vie sauve. La fusillade n’a duré que trois secondes.

Leur coup fait, les trois bandits, selon le plan prévu, se dirigent vers la palmeraie, tandis que l’alerte a été donnée à Tinrhir. Le fezza et nos partisans donnent aussitôt la chasse aux bandits qui se replient en direction de la montagne en tirant derrière eux afin d’éviter un contact trop étroit avec leurs poursuivants.   Néanmoins, après une poursuite qui dura plus de la moitié de la nuit, ces derniers découvrirent les bandits cachés dans une grotte près de Talaïnt-Moulay-Ali à 10 kilomètres de Tinrhir.

Se voyant découvert, les bandits font feu à nouveau et abattent un des partisans qui se trouvait non armé. A la faveur de la confusion créée par ce dernier incident et en tirant toujours dans la direction des poursuivant, Zeïd et ses complices parviennent encore une fois à s’enfuir. Mais, ils l’ont échappé belle.

Cette nouvelle attaque produisit évidemment une très vive émotion à Tinrhir et toutes les troupes furent mises sur les dents. On intensifia les recherches, on multiplia les interrogatoires et on arriva même à tendre des embuscades autour des points d’eau pour parvenir à saisir les coupables. Mais, ceux-ci restaient toujours introuvables. On les voyait – ou du moins on croyait les voir- partout, sauf là où ils étaient.

Premiers indices :

 Cependant, à la suite de l’attaque véritablement audacieuse réalisée contre la cantine, le khalifa El Hadj Said Ou Tifnout fut relevé de ses fonctions. On lui reprocha de ne pas déployer suffisamment d’activité dans la recherche des malfaiteurs.

En fin, un beau jour, on note le premier indice favorable depuis que Zeïd a commencé la longue série de ses crimes : un ancien djicheur a été arrêté aux Aït Taddert , sur la plateau Aderdour, au sud-est du plateau des lacs, région qui correspond au nord de la vallée du Haut-Todhra. C’est un nommé Saïd ou Ahmed, dit « Ou Tararout », qui est aux mains du chef du bureau d’Assoul. L’inculpé, habilement cuisiné, reconnaît sa participation à la bande de Zeïd ou Ahmed et il indique le ksar où il avait séjourné avec le chef de la bande. Il indique en outre que l’un des suspects arrêté précédemment fait également partie du djich de Zeïd. Les deux hommes donnent ensuite les noms de nombreux complices disséminés un peu partout dans les ksars de la région ou en montagne.

On tient enfin la filière qui conduira à coup sûr à l’arrestation du fameux bandit et de ses hommes qui, depuis près de dix-huit mois, terrorisent la région.

RL

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