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Mai 1926. La révolte des tribus rifaines dure depuis cinq ans déjà. Face au pouvoir du Sultan marocain, soutenu au sud par l’administration coloniale française, et au nord par l’Espagne, Mohammed Ben Abd El Krim al Khatabi a entrepris à partir de 1921 le rassemblement des différentes tribus berbères du massif montagneux. Son projet est d’ériger une république indépendante du Rif. Après avoir chassé du Maroc la majorité des forces espagnoles, Abd-El-Krim se retourne, à partir d’avril 1925, vers le sud et la zone française. Les Rifains remportent alors de fulgurants succès contre les postes français, avant de tourner leur attention vers les villes de Taza et de Fez qu’ils approchent au cours de l’été. Pour les quelques garnisons françaises encore en place, la situation devient vite dramatique, et certaines préfèrent se faire sauter plutôt que de tomber entre les mains des Rifains.

Ordre d’opération

Les troupes françaises se rétablissent cependant in extremis, grâce à des actions désespérées dans laquelle l’aviation joue un rôle de tout premier ordre. L’arrivée des pluies puis de la saison hivernale bloque la poursuite des opérations et le remplacement du maréchal Lyautey par le maréchal Pétain incite Paris à attendre le printemps suivant et la collaboration des Espagnols avant de reprendre l’initiative militaire. Pétain abandonne alors la stratégie des colonnes volantes adoptée jusqu’ici par Lyautey, au profit de groupements tactiques interarmes qui lui permettent d’appliquer efficacement le principe de concentration des efforts…

Victimes des gaz toxiques dans le Rif

Déclenchée le 8 mai 1926, l’offensive franco-espagnole vise directement la capture d’Abd-el-Krim et rassemble du côté français six divisions et dix-sept escadrilles.

Ces unités aériennes appartiennent toutes au 37e régiment d’aviation (RA) et sont placées sous le commandement du colonel Paul Armengaud. Anciennement numérotées Vr 551 et F. 553, les 1ère et 4ème escadrilles du régiment sont équipées, comme la plupart des autres escadrilles, du biplan biplace Breguet 14A2, un appareil particulièrement robuste et polyvalent. En vue de l’offensive de mai, ces deux escadrilles sont détachées du 37e RA au profit du groupement tactique Dufieux, dont elles constituent le 1er groupe d’aviation, sous les ordres du commandant Blaize. Si l’état-major du groupe d’aviation demeure à Fez, la 1/37 est basée, elle, à l’est sur le terrain avancé d’Ain Aicha, tandis que la 4/37 stationne, plus à l’ouest, sur la plate-forme de Beni Malek. Une troisième escadrille est placée en réserve à Fez.

Ce document est conservé au Service historique de la défense (SHD/Paris) dans les archives de l’armée de l’Air, sous la cote 2 C 36. 

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